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RDC : conflit d’intérêt, fraude fiscale, Julien Alingete au cœur d’un scandale



Julien Alingete, le Monsieur « propre » de l’IGF, s’était forgé une réputation d’homme intègre et inflexible. Responsable de plusieurs enquêtes marquantes ayant conduit à la chute de figures emblématiques de la corruption, il était perçu comme un pilier de la lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent. Pourtant, cette image de probité s’est soudainement effondrée. Tout est parti d'une série de déclarations de lanceurs d'alertes et d'anciens salarié du groupe Rawji. Ces derniers sont formels : Julien Alingete a bel et bien géré, en compagnie de son épouse, jusqu'en 2020, tous les dossiers fiscaux de l'entreprise RAWJI, en sa qualité d'associé majoritaire de l'agence D.A. Consulting Office (D.A.C.O Sarl), à hauteur de 54%. La structure dont le capital social est 30.000 dollars, dispose d'un siège social au n°16 de l’avenue de la Paix, Immeuble DIOMI, 1er étage, appartement 3, dans la commune de la Gombe. Le "Monsieur Propre", de l'Inspection générale des finances de la RDC, se se serait rendu coupable de conflit d’intérêt et de complicité de fraude fiscale et de blanchiment, en aidant ses clients à faire de fausses déclarations au dépens du Trésor Public congolais. Les documents parvenus à la Rédaction de LSI AFRICA, authentifiés par nos soins établissent un lien évident entre Julien Alingete et plusieurs entreprises qui auraient pu être rappelées à l’ordre pour pratiques fiscales douteuses.

Les nouvelles révélations de Yusuf Shaikh, ancien directeur d'exploitation de Prodimpex, filiale du groupe Rawji, ont levé un coin de voile sur la rocambolesque implication de Julien Alingete dans ce sombre scandale. Le conflit d’intérêt se révèle encore plus troublant. Il est apparu qu’Alingete avait des intérêts financiers dans des entreprises qu’il était censé surveiller. Pire encore, il aurait usé de son influence pour protéger certains individus ou entités en échange de pots-de-vin. À Kinshasa, l’affaire Alingete est une bombe à retardement. Plusieurs sources au sein de l’IGF estiment que le patron de l’institution aurait utilisé à plusieurs reprises, sa position pour intimider des fonctionnaires et manipuler des processus administratifs en faveur de plusieurs entreprises par le passé, clientes de DACO SARL.

Que dit la loi en République démocratique du Congo ?

L’article 12 du Décret-loi n°017/2002 du 03 octobre 2002 portant Code de conduite de l’agent public de l’Etat, précise qu’«En cas de conflit d’intérêts, l’agent public de l’Etat doit informer ses supérieurs hiérarchiques de l’existence d’un tel conflit, éviter toute forme d’incompatibilité, mettre fin à la transaction ou à l’activité susceptible de donner lieu à un tel conflit ou de l’entretenir ou encore renoncer, le cas échéant, à ses responsabilités d’agent public de l’Etat». Selon nos informations, l’actuel patron de l’IGF n’aurait pas encore cédé ses parts au sein de DACO SARL. Depuis la révélation du présent scandale, c'est l’onde de choc dans l’opinion publique et au sein des institutions gouvernementales. Dans les coulisses, les caciques du pouvoir réclament des réformes profondes et une transparence accrue dans la gestion des affaires publiques. Les collègues et anciens partenaires de Julien Alingete se disent « stupéfaits » et « trahis ». Cette affaire offre désormais l’occasion à l’opposition politique au président Félix Tshisekedi, réélu pour un second mandat en janvier de critiquer la gestion actuelle de la lutte contre la corruption dans le pays.

Selon nos informations, les autorités devraient lancer une enquête exhaustive pour démêler les réseaux complexes dans lesquels Alingete serait impliqué. Des perquisitions pourraient être menées, et la coopération internationale sollicitée, car plusieurs transactions suspectes ont été effectuées à l’étranger ces derniers mois. Pour Julien Alingete, l’avenir s’annonce sombre. Si sa culpabilité venait a être établie, il risque de lourdes peines de prison et des amendes substantielles. Son cas pourrait servir de précédent pour durcir les lois et les contrôles relatifs aux conflits d’intérêts et à la fraude fiscale. Cette affaire met aussi en lumière les défis permanents auxquels sont confrontées les sociétés modernes en matière de gouvernance et de transparence. Elle rappelle également que personne n'est au-dessus des lois, et que la lutte contre la corruption nécessite une vigilance constante et des mécanismes de contrôle robustes.
LSI AFRICA



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