Kossandji: 18 personnes inculpées après les violences qui ont fait 7 morts (officiel)
Le Procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abobo a rendu public, mercredi 12 août, le bilan judiciaire des affrontements communautaires survenus mardi 4 août à Kossandji, dans la sous-préfecture de Danguira, département d’Alépé. Selon le communiqué signé de Naffissiatou Counta, ces violences ont fait sept morts et plusieurs blessés. Une personne est également portée disparue et d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.
Ce bilan définitif est supérieur aux premiers décomptes provisoires diffusés dans les heures qui ont suivi le drame, plusieurs médias ivoiriens faisant alors état de trois à six victimes. L’enquête ouverte par le Parquet d’Abobo a finalement établi un bilan de sept morts, confirmant l’ampleur des violences qui ont secoué le village.
Selon les informations recueillies sur place par l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP), l’origine des affrontements serait liée à un différend foncier opposant la communauté autochtone akyé à des populations allochtones, notamment lobi et mossi, autour de l’exploitation d’une parcelle familiale.
Le conflit aurait débuté après la destruction de plants de manioc, avant de dégénérer en altercation. Un jeune homme de la communauté lobi, porteur d’une machette et poursuivi par des membres d’un autre groupe, aurait ensuite trouvé refuge dans une boutique tenue par un commerçant mossi. Cet épisode aurait contribué à l’embrasement, provoquant une escalade des violences dans le village.
Dix-huit personnes placées sous mandat de dépôt
Dans le cadre de l’enquête visant à identifier et interpeller les auteurs des violences, 18 personnes ont été interpellées puis déférées au Parquet.
Une information judiciaire a été ouverte à leur encontre pour plusieurs infractions, notamment meurtre, troubles à l’ordre public, détention illégale d’armes à feu de cinquième et sixième catégories, association de malfaiteurs, vol en temps de nuit et en réunion, dégâts volontaires à la propriété mobilière d’autrui, destruction volontaire de tout ou partie d’immeubles au moyen d’un incendie, ainsi que coups et blessures volontaires.
Ces poursuites s’appuient notamment sur les articles 179, 203, 378, 380, 381, 387, 457, 459, 461, 462, 486 et 495 du Code pénal, ainsi que sur les articles 5 et 14 de la loi n°98-749 du 23 décembre 1998 relative à la répression des infractions à la réglementation sur les armes, munitions et substances explosives.
Les 18 mis en cause ont été inculpés des différents chefs retenus contre eux et placés sous mandat de dépôt.
Les autorités appellent au retour au calme
Dès le lendemain des affrontements, le sous-préfet de Kossandji avait réuni les représentants des différentes communautés, en présence des forces de sécurité, afin de favoriser un retour au calme.
Des élus locaux, dont le député de la circonscription, avaient également appelé les populations à la retenue et à la préservation de la cohésion sociale.
L’intervention du Parquet marque ainsi une nouvelle étape dans le traitement judiciaire de ce drame, dont l’origine serait liée à un conflit foncier entre communautés.
Au-delà des poursuites engagées contre les personnes mises en cause, les violences de Kossandji mettent une nouvelle fois en lumière la fragilité de la coexistence entre populations autochtones et allochtones dans certaines zones rurales, ainsi que la nécessité de mécanismes plus efficaces de prévention et de règlement des conflits fonciers.
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