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Les énormités de M. Jean –Baptiste Placa sur RFI



Dans sa chronique sur RFI du samedi 16 novembre 2019, M. Jean- Baptiste Placa, journaliste, qui ne comprend pas grand-chose en économie a dit, entre autres énormités, que « la fixité de parité entre le franc CFA et l’euro ne profitent qu’aux 3 ou 4 grosses entreprises françaises opérant en Afrique de l’Ouest, au détriment des économies africaines ». Evidemment, M. Jean –baptiste Placa, qui n’a même pas les connaissances économiques embryonnaires d’un étudiant de première ou de deuxième année d’économie, ne sait pas que la fixité de parité entre monnaies obéit à une rationalité économique, fondée elle-même sur un ensemble de théories dont la théorie de la zone monétaire optimale formulée, pour la première fois, par Robert Mundell (1961) (lauréat du Prix Nobel d’Economie). Il ne sait pas non plus que la création de l’Union Européenne et des zones monétaires africaines (ex-UEMOA et CEMAC) est basée sur cette théorie économique qui a permis à son auteur d’obtenir le prix Nobel d’Economie en 1999.
En effet, la théorie de la zone monétaire optimale dont la première formulation sera élagrie et enrichie  par plusieurs autres économistes dont des prix Nobel (McKinnon,  Kenen,  Corten, Ishyama, Fleming, Kydland and Prescott,  Frankel et Rose,  Gandolfo, buti and Suardi, , Grubel,  Mongelli, Buiter,  Edward and Collins,  Krugman, Alesina, Barro and Gordon, Calvo and Reinhart,  De Grauwe and Mongelli, Calmfors and Driffill, Barro and tenreyero, Obstfeld and Rogoff, Tavlas  etc.) démontre que les pays ont plus d’avantages ( inexistence de coûts de transactions et de change, stabilité des prix relatifs, stabilité monétaire et économique, attrait d’investissements directs étrangers, intensification du commerce intra-zone et extérieur, diversification de production , mobilité des facteurs de production, corrélation et synchronisation des chocs, risk-sharing  etc.) que d’inconvénients( perte de souveraineté monétaire, abandon de l’usage de l’instrument de change et de l’impôt -inflation, coûts liés à l’existence d’institutions différentes  du marché du travail, coûts des chocs symétrique et asymétriques et de transition, coûts en termes de préférence en politique publique, etc.) . Or, et toujours selon la théorie économique, la fixité de la parité entre les monnaies de deux pays :
         - engendre la mobilité des facteurs de production (travail et capital) dans une zone monétaire et qui permet de rétablir l’équilibre selon la situation économique :
         - annule les coûts de transaction et de change,
         - apporte la stabilité des prix relatifs ;
         - permet la stabilité monétaire donc la stabilité économique grâce à la stabilité des prix relatifs ;
        - attire les investissements directs étrangers ;
        - intensifie le commerce intra-zone et extérieur (avec les pays hors-zone) ;
      -  accélère la diversification de produits, donc l’industrialisation.
Or, toutes ces variables endogènes ou exogènes impactent positivement la croissance économique dans un pays. Ceci est démontré mathématiquement et économétriquement par la théorie économique (cf. théorie monétaire et théorie de la croissance économique) et de façon empirique par les données statistiques. Ainsi, la fixité de la parité entre le franc CFA et l’euro (et le défunt franc français, avant 1999) bénéficie aussi bien aux pays membres de l’Union Européenne qu’aux pays africains membres de la zone du franc CFA de l’Afrique de l’Ouest (appelée à disparaitre au profit de la zone CEDEAO, depuis la création de l’éco, la nouvelle monnaie de cette zone, le 29 juin 2019, à Abidjan).
Dire donc que « la parité fixe entre le franc CFA et l’euro ne profite qu’à quelques entreprises françaises », est non seulement un déni de la rationalité économique et de la réalité, mais, une absurdité qui participe de polémique idéologique vaine et de la volonté manifeste d’intoxiquer les auditeurs, surtout africains, de RFI sur un sujet que monsieur Jean-Baptiste ne comprend pas du tout.
RFI gagnerait à faire traiter les sujets économiques sur ses antennes, par de vrais économistes, car sa crédibilité et sa réputation, d’une part, et le respect des auditeurs, d’autre part, sont en jeu.  Or, les grands économistes sont nombreux en France et en Afrique.

                                                                                   Professeur Alexandre Sady, PH.D. in Economics



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