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Procès en Assies: L'ex-Première dame Simone Gbagbo entendue lundi devant le juge



Le fils de l'ex-président ivoirien "Michel Gbagbo passe demain (mercredi), la Première dame lundi", a déclaré Me Habiba Touré à quelques journalistes au tribunal d'Abidjan-Plateau.

Surnommée la "Dame de fer", Simone Gbagbo, 65 ans, est jugée depuis le 26 décembre devant les assises d'Abidjan aux côtés de 82 co-accusés pour "atteinte à la sûreté de l'Etat".

Pascal Affi N'Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI), le parti créé par l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo, comparaissait mardi dans ce cadre. Comme l'ensemble des accusés entendus jusqu'à présent, il a plaidé "non coupable" des faits qui lui sont reprochés.

"J'ai milité pour un compromis (...) une solution consensuelle et négociée, pendant la crise postélectorale", a expliqué M. N'Guessan, mais "je n'ai pas eu le temps de faire admettre mon plan".

Laurent Gbagbo a refusé de reconnaître la victoire de son adversaire Alassane Ouattara, validée par la commission organisatrice du scrutin et la communauté internationale, à la présidentielle de décembre 2010. Le Conseil constitutionnel, dont le président était un proche, l'a à l'inverse consacré.

Les violences entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara, qui s'estimaient tous deux vainqueurs, ont ensuite fait plus de 3.000 morts jusqu'en mai 2011.

Questionné sur sa responsabilité dans ces violences, Pascal Affi N'Guessan a déclaré avoir essayé d'"abréger les souffrances" des Ivoiriens en "mettant fin aux affrontements".

L'accusée Geneviève Bro-Grébé, présidente des "Femmes patriotes", un mouvement ayant appelé à de nombreuses manifestations durant la crise, a de son côté qualifié mardi de "farfelues" les accusations.

"On ne peut pas tuer des Ivoiriens et me coller cela sur le dos", a-t-elle soutenu. "Notre crédo, c'est la non-violence (...) Aucune femme patriote n'est détentrice d'armes", a-t-elle déclaré.

Simone Gbagbo est également réclamée par la CPI, qui l'accuse de "crimes contre l'humanité" commis durant la crise postélectorale, à l'instar de son mari, emprisonné depuis plus de trois ans à La Haye et qui sera jugé en juillet.

Après avoir livré à la CPI l'ancien président et Charles Blé Goudé, leader des "jeunes patriotes" pro-Gbagbo, Abidjan refuse le transfèrement à La Haye de Simone Gbagbo, assurant que la justice ivoirienne est désormais en mesure d'organiser un procès équitable.

Le pouvoir ivoirien juge aussi qu'un tel transfèrement affecterait le processus de réconciliation nationale.

Le procès dont Mme Gbagbo est la tête d'affiche est qualifié de plus important pour la Côte d'Ivoire depuis la fin de la crise postélectorale de 2010-2011. La quasi-totalité des accusés est issue du camp des pro-Gbagbo.

La société civile ivoirienne et l'opposition pro-Gbagbo critiquent la "justice des vainqueurs" en vogue en Côte d'Ivoire, où aucun dignitaire pro-Ouattara n'a pour l'instant été inquiété.

 

Source AFP



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