Flash info

Un gendarme sauve le village d'Akoué-Agban d'un bain de sang, le Ministre Hamed Bakayoko interpellé



La police qui avait précédé la délégation de l'Adjudant Jacob Donpké Adogoua a rebroussé chemin. Rencontrés à au moins 1,5 km du village dont l'entrée était interdite, les adjudants de police informent la délégation qu'un « groupe d'individus, armés de machette a abattu des troncs d'arbres, empêchant du coup l'accès au village, nous avons dû rebrousser chemin, ils sont très excités, pour notre part, nous conseillons un retour à Bingerville, un report puis une reprogrammation de la cérémonie » fait savoir l'un d'entre eux. Les pourparlers piétinent. Des membres de la délégation du jeune chef qui bénéficie du soutien du chef sortant, Télesphore Adia. Après des conciliabules par petits groupes, décision est prise de faire constaté le blocage de la voie par le clerc d'huissier commis pour la circonstance. « On se retrouve dans la situation du putsch de Gbagbo contre le président Ouattara » lance quelqu'un dans la cohue. Des invités du chef, militaires, la presse et le clerc d'huissier se mettent en route, une voie dégradée, boueuse qui est loin des soucis de développement de ce beau village. « Je ne veux pas qu'une goutte de sang coule ici » ne cesse de répéter Jacob Adogban, serein. « La police nous a informés qu'un groupe de badauds, armés, l'a empêché de rentrer au village, nous ferons le constat de l'empêchement » assure Me Konan, le clerc d'huissier. Arrivé sur les lieux, la voie est barrée et celui qui fait office de porte-parole du groupe rebelle, Juste Judicaël, armé d'une machette demande la raison de la visite. « Pour un certain nombre de choses qui se passent dans notre village, pour une question de sécurité, nous sommes amenés à couper des arbres pour barricader la route » informe-t-il. Des explications fournies, la grogne en cours est une opposition à l'invitation adressée par le doyen, chef de terre pour la tenue de la cérémonie de ce 19 juillet. Pour les contestataires, il revient « au chef de village » d'adresser l'invitation. Au moins, il ne remette pas en cause la personne désignée par les ancêtres mais s'opposent a la forme. « Effectivement, j'ai été convoqué par le doyen du village pour une cérémonie de libation ce jour du 19 juillet 2014. Je me rendais au village aux environs de 10 heures 30 minutes. Malheureusement, j'ai été bloqué par un groupe de jeunes envoyés par Alidjé Djoman Bernard pour m'empêcher d'arriver au village comme quoi, c'est lui le chef du village. Mais je voudrais préciser qu'un chef ne se nomme pas Un chef se désigne. Le 11 avril 2014, le sous préfet s'est rendu au village, et officiellement, la génération gnandôh a passé le pouvoir à la génération Dougbôh qui aspirait au pouvoir. Après cela, il revient au chef de la génération Gnandôh, Paul Gnézou de prendre le pouvoir. Mais ne pouvant pas être lui-même chef, il fallait choisir un chef. Il a donc convoqué une réunion le 14 juin 2014 par voix de presse à la radio nationale. La convocation à la radio du chef de génération servait de carte d'invitation à chacun des membres de la génération.  Nous nous sommes rendus à cette réunion le 21 juin. Ce jour-là, ils avaient menacé le doyen de la génération, Gnézou Paul pour avoir fait un communiqué sur les ondes de la radio nationale. Après consultations, suivies de débats au cours de cette réunion, j'ai été désigné à l'unanimité chef du village d'Akouè-Akouédo. Et comme l'exigent nos us et coutumes, j'ai été présenté au doyen du village Nanan Mobio Amotcho Albert qui a pris acte » relate l'adjudant de gendarmerie entendu par sa hiérarchie car accusé d'avoir proféré des menaces avec son arme « de dotation ». Or cette arme, il ne l'a pas car emportée pendant la crise postélectorale. Premier indice du faux des contestataires. Mais, Célestin Adja Djoman, conseiller « du chef » Bernard Djoman Alidjé abonde dans le même sens que Juste-Judicaël. « Nous sommes là pour assurer la sécurité, celui qui se dit chef est un imposteur. Celui qui se proclame chef est un gendarme. On ne peut installer une rébellion dans un village. Nous voulons le développement du village. Il n'y a pas un chef a installer, on a déjà un chef » a-t-il tranché avant de révéler que Mgr Siméon Ahouana Djro, fils du village a tenté de concilier les positions. Sans succès. L'archevêque métropolitain de Bouaké, neveu du chef Bernard Djoman Alidjé est d'ailleurs accusé par un camp d'être le soutien du « rebelle » qui n'a jamais été chef et qui fait partie de la génération « Gnandoh » sortante. Loin d'avoir de la rancour, le jeune chef, rejoint par une forte délégation de villageois qui tenait à la tenue de la cérémonie, préconise la paix et la réconciliation des fils du village. « Moi, je suis pour la paix et el développement. Ce pays a tellement souffert. Et aujourd'hui, avec l'arrivée du président Alassane Ouattara qui est vraiment un homme de paix, nous devons suivre son exemple et sa voie pour le développement du village. J'appelle tout le monde à la réconciliation. C'est par cette voie-là que nous pourrons sortir notre village de la léthargie et de tous ces problèmes » recommande-t-il. Présenté à la collectivité villageoise dans un cérémonial propre au peuple Atchan, Jacob Adogban n'a été contesté par quelle que voix que ce soit. Des doigts accusateurs se dressent vers les autorités administratives qui auraient bénéficié de deal dans la vente de forêt dans le village d'Akoué-Agban. Et pour ces autorités administratives qui devront être démasquées par une enquête sérieuse du ministère de l'Intérieur, du Préfet d'Abidjan et du sous-préfet de Bingerville sur le fondement des rapports de police et de gendarmerie, celui qui manipulent les jeunes, les arme et menace de faire couler le sang, Bernard Djoman Alidjé, peut sauver ces acquis illicites. Car, lorsque l'on croit avoir raison, on n'interdit pas l'accès au village pour juste donner l'impression que l'on n'a rien à cacher. Il faudrait au ministre Hamed Bakayoko mettre fin à cette imposture qui n'a que trop duré.
 
Adam's Régis Souaga

 

 

Source lebanco.net



LIVRES



Photos inedites



Facebook

Interview