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Lutte contre la corruption en Côte d’Ivoire : Gnamien Konan charge encore Ouattara



Pressé par ses partenaires extérieurs dont la France et les Etats-Unis, Alassane Ouattara a engagé une guerre contre la corruption dans l’administration ivoirienne. Ainsi, après avoir créé un ministère de la Promotion de la bonne gouvernance, avec mission de traquer les corrompus dans le système, le chef de l’exécutif a lancé une opération mains propres contre les dirigeants des entreprises publiques. Meublée par des audits, l’opération mains propres a déjà « coupé la tête » de plusieurs cadres, tous proches du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), parti présidentiel.

Si le pouvoir pense être bien engagé dans la lutte contre la mal-gouvernance, Gnamien Konan, candidat malheureux à la présidentielle de 2010 et ancien allié d’Alassane Ouattara, émet cependant des réserves sur la méthode. « Si vous êtes chef de l’Etat, alors que la corruption sévit dans votre pays, avant d’aller en guerre contre elle, demandez d’abord si vous-même, vous êtes irréprochable et exemplaire », c’est avec cette invitation l’auto-évaluation à l’endroit du président de la République Alassane Ouattara que l’ancien directeur général de la douane sous Laurent Gbagbo ex-ministre de la Fonction publique sous Alassane Ouattara a planté le décor de sa critique sur la corruption qui gangrène l’administration ivoirienne.

Gnamien Konan fustige

De l’analyse de l’ancien directeur général de la douane, il ressort que l’exemple est le premier pas dans la lutte contre la corruption. Le poisson pourrissant par la tête, il reviendra donc au président de la République de donner l’exemple à tout le pays en montrant que lui-même est clean, avant de lancer l’offensive contre les seconds couteaux. C’est pourquoi a argué Gnamien Konan, « on ne peut pas lutter contre ce fléau si le premier responsable, n’est pas irréprochable, s’il ne donne pas l’exemple ».
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Pour lui, les dirigeants africains, par la corruption, privent leurs pays d’hôpitaux et d’écoles de qualités pour finalement aller se soigner ou inscrire leurs enfants dans des établissements de qualités en Europe avec l’argent qu’ils ont « volé ». Gnamien Konan s’est interrogé sur l’impact de la lutte engagée contre la corruption dans le contexte actuel. « Comment pouvons-nous être crédibles ou exemplaires si nos Présidents sont plus riches que les Présidents des pays qui nous prêtent de l’argent pour boucler nos budgets ? », a questionné l’ancien ministre.

Gnamien Konan propose

Après avoir montré les limites de la démarche du président de la République dans sa guerre contre la corruption, l’ancien ministre de la Fonction publique a proposé ses recettes contre la corruption qui se résument en quatre mots, exemplarité, sensibilisation, prévention et sanction. Si Gnamien Konan pense que la prévention est « l’arme principale, le vaccin contre la corruption », il reste tout de même profondément attaché à l’exemplarité comme moyen par excellence d’éradication de cette gangrène.

Il conseille même que l’exemplarité et la prévention forment un couple permanent et omniprésent. C’est pourquoi il lance cet appel au chef de l’exécutif : « le Président doit venir à la télé déclarer solennellement qu’il renonce à tous les avantages qui ne sont pas prévus par la loi ».

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