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Kando Soumahoro (ex-député GPS) : « Soro est un résistant qui oblige le RHDP à commettre des fautes »



Très discret, avant son arrestation et son incarcération pendant plus d’un an à la suite du retour manqué à Abidjan de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, Kando Soumahoro est pourtant réputé ne pas avoir sa langue dans sa poche, dans cet entretien qu’il nous a accordé, l’ancien député de Biankouma, revient notamment sur les événements du 23 décembre 2019.


Quel commentaire vous inspire le témoignage de votre leader, Guillaume Soro, à l’occasion du deuxième anniversaire de son retour manqué en Côte d’Ivoire ?

Après lecture du témoignage du président Soro, je me rends compte qu’il n’avait pas, dans les jours qui ont suivi son retour manqué, mesuré jusqu’à quel point il était visé par un complot criminel et le crime commis, c’est de vouloir rentrer dans son pays après l’annonce de sa candidature à la présidentielle d’octobre 2020, en toute indépendance, après avoir été contraint à la démission de la présidence de l’Assemblée nationale pour son refus d’appartenir au Rhdp dit unifié. Déjà, le dimanche 22 décembre 2019, il m’a paru très curieux qu’une dame soit venue me transmettre un message du vice-président de l’Assemblée nationale, Blon Blaise, me priant de ne pas me rendre à l’aéroport le 23 décembre pour l’accueil de l’ancien Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro.

Kando Soumahoro revient sur les événements du 23 décembre 2019 dans un entretien

La dame avait même précisé que papa Blon sait que je n’allais pas obéir à ses injonctions mais qu’il aura essayé avec témoin, puisqu’elle faisait partie de mon cercle de confiance. J’ai donc décidé d’appeler papa Blon pour lui expliquer pourquoi je ne devrais pas trahir la confiance du président Soro qui m’a presqu’imposé au tout dernier moment à Meité Sindou dans le comité d’organisation. J’ai donc été nommé responsable de la commission d’accueil en plus de la mission de mobilisation des militants de Treichville que m’avait confiée le président du Raci, l’honorable Soro Kanigui Mamadou.


Kando Soumahoro (pro-Soro condamné à 9 mois) : « Pourquoi Méité Sindou n’est pas inquiété alors qu’il était le président du comité d’organisation ? »

À la tête donc de la commission accueil, nous avons visité la structure privée chargée de l’assistance en escale, Jetex, qui devait accueillir le vol privé de l’ex-PAN. Nous avons bien convenu des dispositions à prendre le jour du retour avec 50 personnes triées sur le volet. Plus tard, la responsable de Jetex nous informe que le vol est finalement délocalisé à la base aérienne militaire pour plus de commodités en terme d’espace et de sécurité.

Joint au téléphone, le grand commandement des forces aériennes nous a confirmé l’information et nous avons défini le format de l’accueil ensemble. Le jour du retour, alors que l’avion avait déjà décollé de la France, on nous interdit l’accès de la base aérienne sans nous indiquer la nouvelle décision. Tout ce que je vous explique me conforte dans la thèse d’un complot. Comment pouvez-vous expliquer la présence de chars de combat ce même jour dans le périmètre aéroportuaire ? Tout était malheureusement, honteusement, lâchement et maladroitement fait pour qu’on le traite comme le présumé auteur d’un coup d’Etat.
Justement, Méité Sindou accuse Guillaume Soro d’avoir préparé une insurrection pour prendre le pouvoir…

Meité Sindou ne sachant plus que faire pour obtenir un tabouret en récompense de sa haute trahison, tente de jouer sa balle de set avec ADO. Il y a des personnages comme ça, lorsque vous les transportez sur votre dos, ils vous mordent avant de descendre. Dire que le président Soro préparait une insurrection pour prendre le pouvoir alors qu’il a servi à ses côtés comme rebelle, il gagnerait du crédit s’il nous disait pour qui il a rallié la rébellion.

Le monde entier sait que Soro a revendiqué la rébellion et aussi Meité Sindou était dans son avion lorsqu’il a été attaqué à l’arme lourde à Bouaké. Lorsqu’on a été président du comité d’organisation pour le retour d’une personnalité qui préparait une résurrection, peut-on clamer son innocence ? Nous savons tous que Meité Sindou avait été chargé de convaincre le président Soro à renoncer à son voyage du 23 décembre 2019. Voici des personnes qui allaient gérer le pouvoir si Soro avait été élu en octobre 2020.


Vous qui étiez membres des forces aériennes et membre du comité d’accueil, comment avez-vous vécu ces moments fatidiques de déroutement de l’appareil transportant l’ancien Président de l’Assemblée nationale ?

Le président Soro demeure pour moi un visionnaire. À un moment donné des préparatifs de son retour, il a bien voulu instruire le président du comité d’organisation en vue de ma nomination à la tête du comité d’accueil à l’aéroport. Lorsque le vol a décollé, j’avais déjà par usage, l’heure estimée de l’atterrissage à Abidjan. Lorsque j’étais encore en activité dans l’armée de l’air, j’avais en charge le traitement de tous les vols gouvernementaux et ceux privés qui avaient un lien avec une personnalité gouvernementale.

À ce titre, j’avais déjà été l’interlocuteur direct des centaines fois lorsque le président Soro était Premier ministre du président Laurent Gbagbo. Lorsque son avion avait déjà décollé et que je ne pouvais plus avoir accès à l’aire d’atterrissage pour honorer ma position au sein du comité d’organisation, j’ai senti le danger qu’il courait s’il arrivait à atterrir et son avion guidé dans un angle mort. Chaque minute qui passait me fortifiait dans ma conviction qu’il serait dans un traquenard lorsqu’à chacun de mes appels aux ministres Ibrahim Ouattara, Vagondo Diomandé et au colonel-major Diarrassouba Bakari pour savoir où l’avion serait dirigé, on me promettait chaque fois me revenir comme s’il y avait deux aéroports à Abidjan.


« Soro est un résistant qui oblige le RHDP à commettre des fautes »

Quand j’ai eu la confirmation qu’un mandat d’arrêt est lancé contre lui, j’ai réalisé que c’est maintenant qu’il avait besoin de mon expertise même contre son gré. J’ai tout de suite porté l’information du mandat d’arrêt à la connaissance de ceux que je considérais comme faisant partie du cercle de décisions afin de se conformer à la conduite à tenir. Je vous assure que beaucoup ont dit que c’était de la pure intimidation pour nous déstabiliser et qu’il fallait coûte que coûte chercher à rallier l’aéroport, lieu qui nous avait pourtant été interdit.La lettre émouvante d'un fan à Guillaume Soro : "Cher leader générationnel

Dieu guidant mes pensées, j’ai finalement décidé de parler directement avec Touré Moussa, le directeur de la communication et Soul To Soul, le directeur du protocole du président Soro et leur expliquer les graves risques que courait notre ‘’boussole’’, si rien n’est fait. Ils m’ont posé la question de savoir ce que nous pouvons encore faire étant donné que l’avion est déjà en l’air et le passager injoignable. Nous avons rapidement fait une réunion technique et j’ai expliqué comment on pouvait procéder avec les informations de l’avion dont nous disposions.

Le gouvernement ne sachant pas ce que nous étions en train de faire, a dévoilé le mandat d’arrêt bien avant l’atterrissage de l’avion au Ghana parce que pour lui, tout était bouclé. Lorsque j’ai reçu la confirmation de l’atterrissage du vol au Ghana, j’ai informé la salle et ceux qui partaient à l’aéroport par message. N’eût été la conférence de presse que le ministre Alain Lobognon devrait animer au même lieu ; conférence à laquelle nous étions invités, la plupart des militants arrêtés ce jour, l’auraient peut-être été à leur domicile et moi sans doute en train de fêter l’anniversaire de mon épouse ce 23 décembre.


Pouvez-vous nous expliquer ce qui se passe quand un appareil ne peut pas atterrir à sa destination programmée ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer qu’un avion ne puisse atterrir à l’aéroport programmé. Ces raisons peuvent être d’ordre météorologique, sécuritaire, technique et même au renoncement du passager à continuer le voyage en cours de chemin. Généralement, lorsque le pilote dépose son plan de vol, il indique en même temps un aéroport de dégagement ou aéroport d’alternance, souvent pas trop loin de l’aéroport de destination. Lorsque les trois aéroports choisis présentent la même difficulté, il y a des procédures de communication avec des tours de contrôle qui permettent de trouver un aéroport d’attente.


A la suite de ce retour manqué de Guillaume Soro, vous et plusieurs autres proches de l’ex-Premier ministre ivoirien, avez été arrêtés et emprisonnés. Pouvez-vous revenir sur les conditions de votre arrestation ?

C’est juste après la conférence de presse animée par le ministre Alain Lobognon, disant que l’avion a atterri au Ghana suite au refus du gouvernement de lui accorder une autorisation d’atterrissage, que tout s’est accéléré. Nous étions dans le bureau du directeur du protocole lorsque le ministre Alain Lobognon, poursuivi par des individus armés et en cagoule, ayant buté sur la porte verrouillée de Méité Sindou, a décidé de nous rejoindre.Côte d’Ivoire : Liste complète de tous les collaborateurs de Guillaume Soro condamnés

La porte étant blindée, nos ravisseurs ont utilisé les grands moyens avant de réussir à la défoncer après plus de trente minutes. Au nombre de quinze dans le bureau, très loin de l’aéroport qui nous avait été interdit, nous avons tous été dépossédés de nos téléphones et embarqués pour être conduits à la DST. Nous avions passé la nuit du 23 au 24 décembre en train d’être interrogés par les policiers et nous avons été mis à la disposition d’un juge d’instruction, pour des personnes dites prises en flagrant délit, et le 25 décembre, très tôt le matin, incarcérés à la Maca.


Comment avez-vous vécu cette arrestation et cet emprisonnement, notamment vis-à-vis de votre famille ?

Lorsque nous avons été arrêtés, sincèrement, j’avais pensé à une libération une fois dans les locaux de la DST, vue que nous étions cinq députés en activité. Même incarcéré, j’espérais toujours une libération rapide. Après quinze jours et après le cinéma que des gens, à l’Assemblée nationale ont fait pour dire que notre immunité était levée, j’ai compris que je devais plutôt m’organiser pour affronter le milieu carcéral en formatant mon épouse et mes enfants à la gestion de la chose familiale.

Je voudrais profiter pour dire merci au président Guillaume Kigbafori Soro qui, bien qu’étant dans la situation très compliquée que nous lui connaissions, n’a pas manqué un seul mois de nous apporter son secours, nous démontrant ainsi sa responsabilité vis-à-vis de nos familles. Au moment de notre arrestation, chacun de nous avait sa vie, ses problèmes, ses projets et ses activités.
Kando Soumahoro revient sur les événements du 23 décembre 2019 dans un entretien

Mon projet immédiat était de faire venir ma belle-mère vivant au Bénin à Abidjan pour un suivi médical dès le mois de janvier 2020. Lorsque la fermeture des frontières fut annoncée comme moyen de lutte contre la propagation de la Covid-19, j’ai dû difficilement convaincre mon épouse à opter pour le choix de la raison car sa maman avait beaucoup plus besoin d’elle que moi.Soumahoro Kando

La suite me donnera raison de constater que j’ai une famille merveilleuse car mes parents et surtout mes enfants se sont formidablement occupés de la maison avec le soutien des amis et voisins du quartier. Malheureusement, mon épouse a perdu sa génitrice et quatre mois plus tard son père qui n’avait pas supporté la disparition de sa compagne. L’appui du président Guillaume Kigbafori Soro ne nous a pas manqué et ma famille lui est reconnaissante et le sera, quel que soit mon destin. J’ai toujours dit que le président Soro gérait une situation qu’il n’avait jamais imaginée avec ADO au pouvoir.


Entre la répression qui s’est abattue sur vous et les railleries que vous subissez désormais, qu’est-ce qui vous afflige le plus ?

Je parlerai plutôt de répression qui continue sous d’autres formes, sinon, mon esprit est prédisposé à supporter toutes les situations. C’est celui qui n’a pas d’argument ou qui n’arrive pas à honorer ses engagements qui s’imposent par la violence. Aucune forme de pression ne saurait me contraindre à quitter le chemin de la vérité que j’avais déjà emprunté en 2017 lorsqu’à une importante réunion du Rhdp, j’ai demandé qu’on s’engage à faire revenir l’ex-président (Laurent Gbagbo, ndlr) détenu à la Cour pénale internationale, parce que c’est son pouvoir qui avait été attaqué par une rébellion, pourtant interdite et condamnée sous toutes ses formes par notre Constitution.

D’aucuns avaient pensé que c’est parce que je n’aimais pas le président Soro. Je ne demandais que justice et cela allait obliger le gouvernement à prendre une loi d’amnistie pour protéger toutes ces personnes qui ont aidé ADO à imposer sa candidature par les armes. En lieu et place des railleries, ce sont plutôt des encouragements, quelquefois des appels à la prudence. Mon ancienne vie de militaire ne m’a jamais habitué au confort et donc pour moi, j’ai plutôt gagné en audience.


Alors que plusieurs cadres de GPS ont décidé de quitter Guillaume Soro, vous, non seulement vous continuez le cheminement politique avec lui mais, vous semblez plus que jamais engagé. Qu’est-ce qui explique cela ? Que pensez-vous de tous ceux qui ont tourné le dos à M. Soro ?

Je n’aime pas souvent répondre à cette question. Je préfère dire que je ne quitterai jamais le chemin de la justice, de la vérité et de la dignité parce que si le président Guillaume Soro même décide de quitter cette voie, il ne me verra plus parce que les chemins autres que ceux que j’ai cités, conduisent à la destruction de l’humanité. Lorsque nous étions tous auprès de Guillaume Soro, c’est ceux qui l’ont quitté qui étaient ses hommes sûrs, ce sont eux qui pouvaient l’appeler directement ; ils étaient ceux qui décidaient de qui Guillaume Soro devrait parler, accorder un entretien, ils ont éloigné tellement de députés sincères de Guillaume Soro que je n’ose pas parler d’eux. Ils sont simplement partis parce que la position actuelle d’exilé de Guillaume Soro ne les arrange pas en termes d’avantages.

Lorsque vous voyez leur mode opératoire, les derniers partis avaient déjà vilipendé ceux qu’ils retrouvent dans ce champ de mensonges et d’indignités. Partir oui, mais où partir et comment partir ? Je prendrai mes vacances lorsque Soro sera au pouvoir et que j’aurai réussi à ramener ses anciens compagnons de la rébellion autour de lui pour continuer à expliquer au peuple de Côte d’Ivoire pourquoi la justice demeure le baromètre de la démocratie et de la bonne gouvernance. Peut-être que c’est le président Guillaume Soro qui va me quitter une fois au pouvoir et c’est ce que je souhaite pour qu’il s’attache à tous les Ivoiriens.


Pensez-vous que l’aventure avec GPS et son leader valent encore la peine, quand on sait que le mouvement a été dissout et son leader condamné à la prison à vie ? Croyez-vous que Guillaume Soro a les ressorts nécessaires pour rebondir après cette claque du régime Ouattara ?

GPS est un esprit et le combattre serait utopique. La justice ivoirienne a perdu de sa crédibilité depuis l’accession président Ouattara au pouvoir. La dissolution d’une association est du ressort du ministère de l’Intérieur. Les juges téléguidés qui manquent de courage ont commis cette forfaiture à la demande de certains responsables de GPS qui comptaient prétexter de cette dissolution pour mettre fin à leur collaboration avec Guillaume Soro. Guillaume Soro, c’était avant GPS un leader estudiantin, président d’honneur de plusieurs mouvements, le choix de personnes libres et désintéressées. C’est pourquoi il a demandé que tous les mouvements continuent le maillage du terrain en attendant d’autres instructions et la meilleure formule pour la fusion. Quant au mot aventure, il m’apparaît inapproprié parce que nous savons ce que nous voulons."Voici pourquoi je ne milite pas en faveur de la réconciliation avec Ouattara" (Pro-Soro)

Les condamnations politiques ont toujours servi positivement l’opposant qui résiste et Guillaume Soro est un résistant qui oblige le pouvoir à commettre des fautes qui le fragilise. Je commencerai à faire confiance à ADO lorsque la justice aura clôturé l’affaire de l’assassinat du général Guéi et les enfants dédommagés ; je commencerai à faire confiance à ADO lorsqu’il reconnaîtra qu’il était de mèche avec la rébellion tout comme Bédié, Anaky, Mabri et toutes ces personnes qui ont créé le Rhdp. Gbagbo a été acquitté, Akossi Bendjo, condamné à 20 ans de prison, est rentré… Pour moi, nous devons prier pour que Dieu continue de protéger le président Soro et de lui donner la santé nécessaire. C’est notre foi qui aidera le président Soro à supporter toutes ces injustices flagrantes.


En tant que vice-président du R-GPS, comment se porte ce parti, surtout après la rupture avec Soro Kanigui (on a bien l’impression que vous faite du surplace ; des bruits évoquent également un malaise lié au leadership à la tête dudit parti) ?

Je suis vice-président du RGPS chargé du district des Montagnes, en charges de la cohésion sociale et du recouvrement. Vous savez, tous les problèmes que nous avons vécus, liés au départ de Soro Kanigui au Rhdp avec le Raci… Nous n’avons pas voulu rentrer dans une logique de lutter le parti avec lui. Du coup, nous avons jugé bon de lui laisser l’enveloppe et de continuer notre marche aux côtés du président Soro. Nous avons donc rapidement créé le R-GPS dans l’esprit de garder nos militants et il fallait faire en sorte de gérer concomitamment la succession de Kanigui, rester en contact avec les militants, leur expliquer pourquoi ils ne doivent pas abandonner le président Soro, démontrer que ceux qui sont restés sont solidaires et respectueux de textes et créer le parti avec les autorisations.

D’aucuns avaient voulu que nous arrêtions toutes les activités pour nous consacrer à la création du parti et surtout à l’obtention de notre agrément avant toute activité politique. Ce qui se passe aujourd’hui est la résultante d’une lutte entre ceux qui veulent s’afficher, affronter tous les obstacles et ceux qui craignent la répression d’un pouvoir que nous jugeons tous d’illégal et d’illégitime. Moi, je suis du côté de ceux qui ont choisi la lutte totale et vous avez constaté que le R-GPS s’est doté d’un siège et est en train de procéder à la mise en place de ses organes pour se donner les moyens d’affronter le terrain de façon permanente.
Kando Soumahoro revient sur les événements du 23 décembre 2019 dans un entretien

Le R-GPS est né dans les problèmes, avec des problèmes et est encore sous la menace d’autres démissions. Le R-GPS qui a gardé la substance essentielle du Raci, vit les effets collatéraux de la haine du pouvoir contre le président Soro et beaucoup d’autres Kanigui encagoulés fourmillent encore en son sein. Tant que le président Soro ne sera pas au pouvoir, le problème de leadership pourrait nous affaiblir considérablement. Mais, je reste convaincu que nous avons des gens capables de relever le défi de la stabilité par l’utilisation objective des nouveaux adhérents. Car, ce n’est pas parce qu’on a vieilli dans un parti politique qu’on est plus performant que celui qui vient d’arriver. Le seul nom de Soro peut nous valoir des ralliements à tout moment.Rencontre Gbagbo-conjointes des prisonniers : "Soro salue ce geste empreint d’humanité" (Sercom)
Il y a quelques jours, vous avez été porté à la tête des Soroïstes du Grand-Ouest.

 

Quelle est votre feuille de route et qu’est-ce que vous entendez apporter au Soroïsme avec cet instrument ?

Le samedi 6 novembre dernier, les responsables GPS du district des Montagnes, c’est-à-dire des régions du Guémon, du Cavally et du Tonkpi ont bien voulu me choisir pour commencer la fusion tant chère à notre leader. Je suis R-GPS, normalement sous l’autorité du GPS sur le plan hiérarchique mais mes jeunes frères ont simplement voulu être guidé par un homme en qui ils ont confiance. Nous allons ensemble définir notre feuille de route mais nous connaissons déjà nos réalités et notre priorité est de nous donner les moyens adéquats pour mener ce combat dans la cohésion et l’union. L’ouest peut être le bastion de GPS si nous y croyons, parce que beaucoup de personnes sont dans des partis sans véritable conviction.

Nous sommes en train de construire un organigramme qui pourrait fusionner facilement et librement dans la confiance et le respect de tous les mouvements proches du président Soro. Je dirai déjà merci à mes frères et sœurs pour cette confiance et je promets de me donner à fond pour les honorer. J’ai cette occasion d’expérimenter mes connaissances en organisation administrative, en politique afin de donner d’autres raisons au président Soro de me faire confiance.


Qu’attendez-vous du dialogue politique qui a repris depuis le 16 décembre 2021 et auquel le camp Soro ne participe pas ?

Je ne suis pas déjà d’accord avec l’appellation dialogue politique parce que c’est déjà une terminologie exclusive. Je répète que le gouvernement Rhdp n’a jamais eu l’intention de dialoguer avec qui que ce soit. Nous n’avons vraiment pas besoin d’assises pour diviser davantage les Ivoiriens. Ce que je demande au président, c’est d’abord de reconnaître avoir participé à la rébellion parce que les militaires rebelles sont ceux qui continuent de le soutenir et ont permis de terroriser le peuple pour son 3ème mandat illégal ; libérer tous les prisonniers des différentes crises ; faire rentrer les exilés. C’est la meilleure réconciliation, sans dialogue inutile. Pourquoi Blé Goudé est encore en dehors de son pays alors qu’il a été jugé et acquitté ? C’est la preuve qu’il n’y a aucune volonté sincère de dialogue.

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