
Gestion des entreprises : Les tares qui plombent la compétitivité
Conformisme, culte du secret, rétention de l’information, pratiques magiques pour bénéficier de promotion, mythe du chef omnipotent et omniscient… Ce sont autant de tares qui plombent la compétitivité des entreprises africaines. Le monde du travail en Afrique est un univers où règne la délation et dans lequel prospèrent les courtisans.
Tel est le regard sans complaisance qu’un cabinet de consultants internationaux jette sur l’environnement des entreprises. Ils ont partagé cet état des lieux au cours d’un petit déjeuner-débat sur le thème « La fonction Ressources humaines : levier stratégique pour améliorer la compétitivité de l’entreprise ». Placée sous le parrainage du secrétaire général de la communauté portuaire d’Abidjan, Marcellin Lobé Ahiman, la rencontre qui a eu lieu le jeudi 19 juin à l’hôtel Pullman a donné l’opportunité aux responsables des Ressources humaines de plusieurs entreprises de se familiariser avec des outils pour sortir des travers de gestion et faire du capital humain le moteur de la compétitivité de leurs différentes structures. Le pari de l’émergence repose essentiellement sur la compétitivité des entreprises. A en croire Jean Moutti, consultant international, le défi est énorme.
A preuve, «aucun groupe ivoirien ne figure dans le dernier classement des 100 entreprises africaines les plus compétitives », déplore-t-il
Il faut qu’en Côte d’Ivoire les entreprises passent du stade de la performance pour entrer dans la compétitivité. Selon lui, il y a un processus à mettre en place. Dans cette démarche, souligne le consultant, la fonction Ressources humaines a un rôle éminemment stratégique. Le consultant a énoncé six conditions.
Le premier préalable à lever est de lutter contre la paupérisation des travailleurs. « La politique sociale doit être une exigence de management et non un luxe ». Il a invité les chefs d’entreprise à implanter et renforcer la culture du résultat dans l’esprit des travailleurs. Ces derniers devront également passer de la simple politique de formation à une ingénierie de la formation (avec un référentiel de compétences à actualiser tous les ans et un système dynamique de transfert de ces compétences). Dans la démarche vers la compétitivité, les patrons d’entreprise doivent développer le leadership de tous les responsables d’encadrement. Ils devront aussi asseoir une culture d’entreprise qui est un ensemble de valeurs. Ces valeurs, pour jouer le rôle de ciment entre les travailleurs, doivent être crédibilisées.
Pour Jean Moutti, si toutes ces conditions sont remplies alors les entreprises ivoiriennes deviendront compétitives et participeront pleinement à la politique de l’emploi en Côte d’Ivoire et ce, en recrutant massivement les jeunes diplômés.
Sethou Banhoro
Source Fratmat.info
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