
Procès des pro-Gbagbo: Des violations des droits des détenus à la Dst dénoncées en assises
La Direction de la surveillance du territoire (Dst) a été fortement mise en cause, hier lundi 12 janvier 2015, lors du procès en assises de Guéi Cyrille, un jeune ivoirien, né en 1991 à Yopougon et qui est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’Etat, rébellion, participation à bande armée, xénophobie, etc.
L’accusé s’est présenté à la barre et a tout nié en bloc. « Je ne me reconnais pas dans tout ce qui m’est reproché. Je n’étais pas à Yopougon quand les événements se sont produits », a-t-il dit d’emblée. Guéi Cyrille, qui n’a que le niveau scolaire Cm2, avait du mal à s’exprimer en langue française et semblait ne pas bien cerner tout ce qui était dit autour de lui. Cependant, il a indiqué avoir fait trois déclarations lors de l’enquête préliminaire dans le cadre de son dossier. Il a dit reconnaître la première déclaration qu’il a faite à la gendarmerie de Cocody (brigade située derrière l’Université d’Abidjan, Nldlr). Pour le reste, Guéi Cyrille, qui a dit être un mécanicien auto ne reconnaît plus rien.
Une longue polémique sur ces déclarations a duré plus d’une heure. L’accusé a expliqué qu’il a été arrêté à Yopougon Sicogi, le 8 février 2012, alors qu’il célébrait la victoire de l’équipe nationale de football sur le Mali, dans un maquis de ce quartier. C’est là qu’un jeune, qui militait dans un parti autre que le sien, l’a vu et s’est approché de lui. A l’écouter, il lui a proposé à boire, mais son ami lui aurait dit qu’il voulait d’abord aller se laver et se mettre de nouveaux habits. Quelques instants plus tard, a raconté le prévenu, des jeunes armés de gourdins et de machettes l’ont « arrêté » et conduit au commissariat du 16ème arrondissement de Yopougon. « On m’a obligé à dire des choses à la 7ème tranche (Cellule spéciale d’enquête, Ndlr). J’ai été menacé par les Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, Ndlr) à la 7ème tranche. Ils m’ont dit qu’ils allaient me tuer », a-t-il affirmé à la Cour, notant qu’il a été maltraité.
Accusé d’avoir participé aux actions de milices et d’avoir érigé des barrages d’autodéfense, il a souligné qu’il a érigé un barrage devant la cour de son père, seulement pour contrecarrer les plans de voleurs qui sévissaient dans son quartier. D’ailleurs à l’écouter, trois voleurs auraient été appréhendés par lui et ses camarades et conduits à la police. Selon lui, ses amis et lui n'avaient que des bouts de bois comme armes pour lutter contre les voleurs.
Guéi Cyrille a remis en cause les deux autres auditions qui ont été faites par le procureur de la République, Adou Richard, en personne. A la grande stupéfaction du juge Dembélé Tahirou. Cela a suscité une vive réaction de la part des avocats de la défense, notamment Me Rodrigue Dadjé et Me Blédé Dohora. ... suite de l'article sur Soir Info
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